Samedi 8 mars 2008

publié dans : A l'école
...se tissent les fils d'une autre vie.

Avant-hier, par les mots posés sur mon "ambition professionnelle", et l'aide promise  par celui qui aujourd'hui compte sur mes efforts pour la réussite de son projet.

Avant-hier soir, par cet échange avec une collègue et amie sur ce qu'est l'accompagnement tel que je l'imagine dans mes rêves.

Et hier midi ce déjeuner avec une future collègue qui suit cette même voie, bien qu'avec d'autres bases théoriques.


C'est comme une trame qui s'entrecroise à la chaîne de mes jours. En espérant qu'elle soit assez solide pour porter mes rêves.



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Vendredi 7 mars 2008

publié dans : Renouer les fils

Je la connais depuis ce jour de juin où elle est venue déposer des roses auprès de mon berceau dans la lumière encore chaude du soir, se réjouissant que je sois une fille comme, seule, elle l'avait espéré.
Elle avait cinq ans.

Le drame familial, nous l'avons porté chacune d'un côté du vide béant laissé par l'absent si présent.

Il nous a  fallu plus de 36 ans, et une de ces conversations fleuves improbables qui nous relient, à distance, sur le chemin du retour, à la fin de journées harassantes , pour que nous partagions notre vécu autour de cette absence.
Le poids de l'ombre sur moi, et la protection si douce de mes grands-parents.
Le souvenir chez elle des premiers temps insouciants, et la cruauté des exigences toujours plus folles qui leur succédèrent brutalement.

C'était si intense de livrer nos douleurs et nos forces, d'entendre et de compatir sur le vécu de l'autre.
Les interruptions de communication, la foule autour, la fatigue dans nos membres n'y changeaient rien, sinon peut-être renforcer ce sentiment d'intimité, celui qu'on ressent au creux de la nuit quand un fil lumineux nous relie à une autre solitude.

Elle était mon idole, cette grande fille aux longs cheveux bruns, à l'air grave avec ses grands yeux.
Je l'admirais tant pour ce qu'elle savait et partageait, sa capacité à nager au large quand je pataugeais près du bord, que pour sa détermination à suivre sa route, se rebellant contre les exigences de ma mère, au prix des cris, des coups et des larmes.



Elle était ma  reine et quand elle s'éloigna à l'adolescence, j'en fus presqu'orpheline. Les  histoires partagées autour de 3 bouts de ficelle et d'un poupon fatigué s'évanouissaient au profit des rêves secrets d'amour tendre, des lettres parfumées des copines et des coups de téléphone passés en cachette.

Nos bébés nous rapprochèrent très fort, puis  nous nous éloignâmes à nouveau, nos choix de vie  évoluant dans des sens opposés.
Mon besoin de solitude durant ma "mue" me fit quasiment couper les ponts, et j'espaçai les coups de fils, comme pour me prémunir de cette force de rappel qu'est l'image qu'on garde dans les yeux de ceux qui nous connaissent depuis toujours.

Depuis quelques semaines, je vois dans le miroir certains de ses traits, j'entends dans ma voix les échos de la sienne, je la retrouve mêlée à ma vie, ma soeur adorée.
Dans quelques jours, elle fête son anniversaire, ma soeur chérie.
Et je l'aime tant :-)


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Mardi 4 mars 2008

publié dans : La petite fille, le dragon et autres personnages
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Dans cette métamorphose, cendres et immobilité marquèrent le premier temps.
Horizon rétréci. Bruit de sa respiration traquée, noir de l'enfermement, monstre dévorant les entrailles.

Des mains se tendirent, l'aidant à réouvrir la porte de son antre, à écouter le murmure de la source, à voir que ces démons-là la protégeaient aussi.

Avec d'autres encore, elle explora les temps de son passé, les lieux de son présent, les mélodies de son futur.
Tournant autour de la lune neuf fois à l'envers, en murmurant une litanie magique.
S'envolant jusqu'à l'horizon, ou au coeur des molécules.
Trouvant le silence, et se trouvant en lui, aimée.

Ce n'était pas tout d'apprendre à voler, il fallait aussi s'ancrer dans la terre.
S'y reposer, la toucher, célebrer ce qu'elle porte de vie en son sein, légumes ou petits habitants besogneux.
Apprendre la magie du grain qui revit avec un peu d'eau, de ce grain qui, une fois moulu et mouillé, donne la pâte vivante, celle qui respire dans les mains qui la façonnent.
Trouver la juste flamme pour la cuire sans la brûler.

Une petite fille consolée lui montrait le chemin, dansant sous la pluie, lui faisant découvrir ces merveilles que les adultes ne voient plus.

Ce n'était pas tout le temps ainsi, oh non ! Mais ces quelques instants étaient si denses qu'ils éclairaient le reste.
Au plus tourmenté des tempêtes, l'étincelle restait là.
Car elle n'offrait rien que la capacité à vivre enfin, les bonheurs comme les malheurs.
La mort était présente, moins affreuse que la peur de la mort ne l'avait été, et c'était tout un changement de perspective, donnant du sel aux plus petites choses, aux dépends des grandes ambitions.

Les alentours  se  réaménageaient. 
Ses proches vivaient mieux, maintenant que la peur de ses colères incessantes s'était éloignée, et que des rires émaillaient le quotidien.
D'autres visages apparaissaient aux alentours, avec leurs joies et leurs souffrances, et cette lueur dans les yeux qu'allument les vraies rencontres.

Un jour, elle se retourna sur le chemin parcouru et sourit, en pensant aux vieux grimoires de son enfance, lus et relus avec passion. Car  elle savait maintenant qu'il tient à chacun de vivre ces aventures flamboyantes, en acceptant juste...d'être dragon.


Fin

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Mardi 4 mars 2008

publié dans : Goûter le présent
Profiter du vide,
du vide si plein,
de leurs bouilles malicieuses.

Profiter au point
de laisser l'appareil au fond du sac,
pour savourer chaque instant.
Yeux, ouïe, toucher.

Savourer l'équilibre fragile,
entre laisser vivre
et être respectée.

Fatigue des journées longues sans trève
et sourire aux lèvres.

Deux jours encore avant de retrouver
le non-rythme intense,
déséquilibré.

Alors VIVRE,
c'est tout !

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Dimanche 2 mars 2008

publié dans : La petite fille, le dragon et autres personnages
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Les cuirasses se craquelaient. 
Les yeux se dessillaient.
Progressivement, le torrent et la dragonne prirent conscience de l'enfermement où ils s'étaient laissés piéger, des barrières qui, autour d'eux et en eux limitaient leur vie.
Toutes ces habitudes, peurs, images, et réalités de l'environnement où ils vivaient.

Le torrent, le premier identifia une piste de libération.
Il retrouva alors toute son énergie, sa joie et sa brillance.
Bien sûr, les doutes étaient là, mais le lit se creusait petit à petit, les rives reverdissaient, les oiseaux s'y nichaient à nouveau.
La dragonne était à ses côtés, heureuse de le voir revivre enfin.

Quant à elle, la maternité était passée par là, avec ses joies minuscules et infinies, ses douleurs, ses difficultés aussi.
Au fil des rencontres et des échanges, elle avait enfin pris conscience qu'elle était à l'origine de ses plus grandes douleurs.
Elle entrevoyait enfin un sentier, après tant d'années sans perspective vraie.
Elle s'y engagea avec fougue sans mesurer d'abord la difficulté du chemin .
Elle y mettait tout son feu, croyant à chaque étape avoir atteint son but, et replongeant à nouveau dans ses errements.
Ces déconvenues, le fait de rencontrer d’autres « pélerins » en quête, des sages, et des créatures étranges, l’aidaient à se dépouiller peu à peu de ses illusions, non sans difficulté.
Les épreuves qui surgissaient sous ses pas étaient des occasions de progresser.
Elle savait à présent que le chemin serait long et incertain, mais c'était juste sa vie.
Elle savait que le chemin avait sa propre richesse, et que rien ne lui apporterait autant que de le parcourir en conscience, car les paysages et les rencontres y étaient pleins de joie, de surprises et de richesses.

Elle apprit que la maîtrise de son feu était un élément clé. Sans lui, elle n'était pas elle-même. Mais comment faire pour que son action ne soit que bénéfique ? Ou au moins utile ?
Elle s'en rendit compte du fait de brûlures qui dévastaient ses pattes depuis plusieurs mois, consummant les écailles une à une, et générant des démangeaisons insupportables.
Aucune potion n'en venait à bout, elle désespérait quand une amie elfe lui dit doucement que son feu demandait à sortir, peut-être, tout simplement ...
De là vint sa quête d'un manière d'être où elle pourrait être elle-même sans détruire ou se détruire.

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Dimanche 2 mars 2008

publié dans : La petite fille, le dragon et autres personnages
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Au fil des années
, trois enfants leurs vinrent, grande bénédiction, grande remise en question aussi. Car les petits  mettaient en évidence, par leur fraîcheur et leur vivacité, ce qu'eux avaient abandonné de leur  nature au gré du chemin.


Le premier conciliait la grâce du ruisseau tranquille à une intelligence-fusée. Il était si sage qu'il se serait laissé consumer sur place sans protester.

Le deuxième était un véritable volcan, jaillissement de joie ou de fureur, selon le jour et l'heure, charmant ou destructeur. Les échanges de flammes étaient courants avec sa mère, blessant les deux, de brûlures difficiles à cicatriser. Elle mit longtemps à  comprendre qu'elle ne prenait qu'un retour de ses propres flammes , et put alors seulement commencer à y remédier.

Le troisième était tout câlins, malice, et détermination. Il exigeait son dû sans relâche, la poussant à donner sans cesse, à s'en perdre elle-même. Il fit beaucoup pour l'assouplir.


Le papa, d'une nature plus tranquille, en apparence en tous cas, supportait difficilement toutes ces explosions incontrôlées autour de lui. Il calmait souvent les flammes trop vives, un peu brutalement parfois, et espérait qu'elles cessent. Pas simple de vivre avec des dragons...


Ainsi, année après année, leur vie suivait son cours rapide, sans obstacle marquant. Les rêves étaient oubliés au profit des préoccupations quotidiennes.


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Samedi 1 mars 2008

publié dans : La petite fille, le dragon et autres personnages

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Elle savourait 
sa liberté toute nouvelle
, les rencontres, les discussions, les découvertes.

Il ne lui était quand même pas si facile de trouver ses marques maintenant qu'elle était sortie de l'antre maternel.

Car elle était confrontée  si souvent aux peurs ancrées en elle, ces peurs sans forme qui vous hantent sans répit.


En dépit de toutes ces ombres, certaines choses changeaient en  profondeur chez elle.

Il y eut cette  rencontre, avec un torrent impétueux.
Aussi improbable fût-il, un couple en naquit.
L'un et l'autre se nourrissaient de cette différence, s'équilibrant et se complétant.
Les remises en question du couple étaient fréquentes, parfois animées, toujours salutaires.


Au travail, la dragonne cherchait les défis pour éprouver son feu.
C'est ainsi qu'elle prit tout d'abord confiance en elle, car elle était appréciée pour son énergie et son courage.
Elle ne voyait pas hélas à quel prix, et cachait sa fatigue et ses blessures quand elle revenait exhangue des combats menés pour d'autres.

Quant au torrent fougueux, il prêtait sa force vive aux barrages qui  tentaient de l'endiguer, le privant progressivement de sa force vitale.


Ces contraintes leur semblaient la marque de leur liberté conquise.




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Samedi 1 mars 2008

publié dans : La petite fille, le dragon et autres personnages


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Il était une fois
,
dans des temps plus trop mythologiques, où la nature était asservie, une petite dragonne, troisième née d'une mère dragonne et d'un papa nuage. (En ce temps là aussi, les couples pouvaient être très différents).

La maman dragonne, atteinte d'une blessure intérieure qui la brûlait nuit et jour, crachait du feu quasi continûment.

Petite Dragonne fut élevée par sa grand-mère, dragonne elle aussi. Chez elle, le feu, quoique très puissant, s'était assagi avec les années. Il réchauffait les coeurs de sa générosité,  protégeant les plus faibles, cuisant cette nourriture simple et délicieuse que tous partageaient avec bonheur dans la caverne.

Petite Dragonne ne comprenait pas la douleur de sa mère. D'autant moins que tous lui disaient qu'elle, Petite Dragonne, était sa consolation.  Même sans comprendre, elle essayait vaillamment d'être à la hauteur de cette tâche herculéenne. De se faire gentille,  de donner de la douceur et de la tendresse autant que son coeur pouvait en abriter.
Son feu s'éteignait presque sous la cendre de ses colères rentrées et de son chagrin inouï.

Elle avait un secret pour tenir dans cette contrainte. Dès qu'elle le pouvait, elle s'enfermait tout au fond de la caverne ou dans des caches environnantes lisant avec passion les aventures de ses ancêtres vaillants, ces histoires palpitantes de rencontres, de métamorphoses et de quêtes héroïques.  Dans cet univers parallèle de liberté et d'aventure, tout était possible, même pour un petit dragon. Elle rêvait de grandir pour découvrir ces pays merveilleux,  rencontrer magiciens et êtres féériques, donner toute la mesure de ses forces.

Les années passaient, si lentes, si répétitives, que ses rêves étaient oubliés sous la cendre.
Elle grandissait tout de même, et , un jour, il fut temps de sortir de l'antre maternel, et de ses vapeurs de souffre, et de déplier ses ailes.


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Jeudi 28 février 2008

publié dans : A l'école

Aujourd'hui, j'ai constaté un mieux indéniable dans la "situation à problème" traitée .
C'était déjà un peu le cas les jours précédents mais là, c'était vraiment manifeste :-)
D'autres éléments ont évolué autour, mais le changement de mon regard n'y est pas pour rien.

Le sable s'est déposé, et le fond est plus clair.


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Mercredi 27 février 2008

publié dans : Entre vallons et collines
Les lumières orangées se succèdent, entre clair et obscur, infusant un étrange sentiment d'irréalité.
La voiture roule vite, vers une destination inconnue.
Comme un drôle de rêve où je serais emportée, le rêve d'un autre, d'autres, un rêve sans forme ni consistence.

Je sais que je peux influer, changer quelque chose, arrêter la voiture, en changer.

Mais j'attends.
Que la nuit passe, que la voiture d'arrête, ou de savoir peut-être où elle va.
Ou  de définir ce que je veux pour moi.

Comment rendre tous les choix gagnants ?

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