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La petite fille, le dragon et autres personnages

Vendredi 11 avril 2008
Je suis allée empoigner le balai pour voler.
Il n'y eu ni ruades ni chutes brutales,
juste un grand ciel lisse, très pur,
et j'en suis toute décontenancée...
Aurais-je lâché tant de lest ?
Ou décollé seulement dans mes rêves ?


FIN ?



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Jeudi 3 avril 2008
Ce n'est pas difficile par hasard.
Juste parce qu'elle a (presque) tout prévu pour éviter de  voler trop haut.

C'est qu'elle a le vertige, notre sorcière ! (mais chuuut, c'est un secret )
Et puis elle craint l'ivresse, par-dessus tout.
L'ivresse du vol libre.

Alors, elle s'est (sur-)équipée.
En stabilisateurs, lest, et autres accessoires encombrants.

Le balai rue devant toutes ces charges imprévues.
Il n'a de cesse de s(l)'en débarasser .

Quelle lutte !
Epique et ridicule.
Les injures et invectives fusent,
et les niches en retour.

Certains poids se détachent dans la bagarre,
causant mouvements imprévus et déséquilibres provisoires,
parfois même la chute.
Plaies et bosses
Pfuuuit, c'est si dur,de lâcher ses peurs...


La sorcière et le balai, non mais quelle histoire !
Je crois que je vais les laisser seuls à présent ;-)


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Mardi 1 avril 2008














Ca, c'était la version rêvée, expurgée
Car le balai a sa vie propre.
L'illusion de contrôle disparaît quand on l'enfourche.

Dents qui claquent,
Soubresauts et voltefaces
Trous d'air en tout genre...

Il fonce dans les cheminées,
se faufile dans les trous de souris,
vole au ras des flots,
ou des ordures.

Il faut voir l'état de la sorcière en herbe !
Décoiffée,
barbouillée,
trempée,
piteuse.

Joues rougies et mains crispées,
elle déclenche l'hilarité .

Elle peut pester et marmonner,
cela n'y change rien,
c'est juste elle qui change,
petit à petit.


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Lundi 31 mars 2008
 (épisode précédent ici)

 










Il faut d'abord CROIRE !

Enfourcher le balai,
faire confiance à son manche tordu,
à ses brindilles cassées.

Fredonner ce rythme doux et entêtant,
proche du battement du coeur,
appris d'une autre sorcière,
une de ces passeuses qui surgissent
quand on est prête à les voir.

Accepter qu'il vous porte,
là où l'on ne sait pas
qu'on veut aller.

Ne rien attendre, surtout !
sinon la découverte.

Se laisser porter,
les yeux fermés,
jusqu'à la secousse.
Atterrissage...

Et là, écarquiller les yeux,
car les surprises attendent,
au coin du bois,
au détour du temps,
passé ou futur.

Rencontres moléculaires,
planétaires,
ou humaines, tout simplement.


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Vendredi 28 mars 2008







Les rites quotidiens ne suffisent plus,
ni les brillantes breloques tintabulantes...
La sorcière est de retour,
grimaçante, grinçante, cinglante.
Chapeau noir cabossé,
elle s'est crashée.

Magie noire ou blanche, même topo,
me dit-elle,
si tu ne prends soin d'abord de ta peau.


Alors, arrêter d'avaler couleuvres et crapauds,
lâcher les superflus de l'ego,
et partir sur mon balai, très haut,
respirer l'air pur et sulfureux des rêves,
entre la brume et l'arc-en-ciel.


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Mardi 18 mars 2008
Dulac-1-.-by-Dulac.JPG



Elle m'est apparue
il y a quelques jours, dans l'eau-miroir.

Ce matin, elle me sort de ce sommeil paisible et trop court.
Elle veut que je parle d'elle.
Elle ose émerger, celle que j'ai cherchée longtemps sous mes oripeaux et rôles sociaux.
Quelle émotion, cette rencontre.
Car elle est un tout, corps, âme et esprit,  indissociable.


Demande-t-on à un arbre où est son corps et où est son âme ?
A-t-il honte des marques des années sur lui ?
De cette sève qui monte, le fait fleurir, et descend doucement dans la froidure jusqu'à un autre printemps?
De danser dans le vent, brise douce ou tempête déchaînée, et d'aimer la vie toujours?
Caressé par les frôlements des écureuils, par le soleil ou la rosée, il est, bienveillant.

C'est ainsi que j'aspire à être.
La femme est venue me montrer le chemin parcouru, et le chemin devant.

Illustration trouvée ici en suivant les conseils de l'Arpenteuse._bug_fck

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Dimanche 9 mars 2008
Qui est-elle, la femme dans l'eau ?

Elle est secrête.
Elle est déterminée.
Elle sait écouter.

Mais je ne la vois pas sourire.
Peut-être n'est-elle pas sûre d'être la bienvenue ?
La petite fille et ses facéties prennent tant de place...

Elle est bouleversée par la souffrance du monde.

Quand va-t-elle apprendre à rire pour célébrer la vie ?


L'eau se trouble.
Peut-être une autre fois me parlera-t-elle de ses rêves...

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Mardi 4 mars 2008
tn_025.jpg





Dans cette métamorphose, cendres et immobilité marquèrent le premier temps.
Horizon rétréci. Bruit de sa respiration traquée, noir de l'enfermement, monstre dévorant les entrailles.

Des mains se tendirent, l'aidant à réouvrir la porte de son antre, à écouter le murmure de la source, à voir que ces démons-là la protégeaient aussi.

Avec d'autres encore, elle explora les temps de son passé, les lieux de son présent, les mélodies de son futur.
Tournant autour de la lune neuf fois à l'envers, en murmurant une litanie magique.
S'envolant jusqu'à l'horizon, ou au coeur des molécules.
Trouvant le silence, et se trouvant en lui, aimée.

Ce n'était pas tout d'apprendre à voler, il fallait aussi s'ancrer dans la terre.
S'y reposer, la toucher, célebrer ce qu'elle porte de vie en son sein, légumes ou petits habitants besogneux.
Apprendre la magie du grain qui revit avec un peu d'eau, de ce grain qui, une fois moulu et mouillé, donne la pâte vivante, celle qui respire dans les mains qui la façonnent.
Trouver la juste flamme pour la cuire sans la brûler.

Une petite fille consolée lui montrait le chemin, dansant sous la pluie, lui faisant découvrir ces merveilles que les adultes ne voient plus.

Ce n'était pas tout le temps ainsi, oh non ! Mais ces quelques instants étaient si denses qu'ils éclairaient le reste.
Au plus tourmenté des tempêtes, l'étincelle restait là.
Car elle n'offrait rien que la capacité à vivre enfin, les bonheurs comme les malheurs.
La mort était présente, moins affreuse que la peur de la mort ne l'avait été, et c'était tout un changement de perspective, donnant du sel aux plus petites choses, aux dépends des grandes ambitions.

Les alentours  se  réaménageaient. 
Ses proches vivaient mieux, maintenant que la peur de ses colères incessantes s'était éloignée, et que des rires émaillaient le quotidien.
D'autres visages apparaissaient aux alentours, avec leurs joies et leurs souffrances, et cette lueur dans les yeux qu'allument les vraies rencontres.

Un jour, elle se retourna sur le chemin parcouru et sourit, en pensant aux vieux grimoires de son enfance, lus et relus avec passion. Car  elle savait maintenant qu'il tient à chacun de vivre ces aventures flamboyantes, en acceptant juste...d'être dragon.


Fin

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Dimanche 2 mars 2008
tn_008.JPG


Les cuirasses se craquelaient. 
Les yeux se dessillaient.
Progressivement, le torrent et la dragonne prirent conscience de l'enfermement où ils s'étaient laissés piéger, des barrières qui, autour d'eux et en eux limitaient leur vie.
Toutes ces habitudes, peurs, images, et réalités de l'environnement où ils vivaient.

Le torrent, le premier identifia une piste de libération.
Il retrouva alors toute son énergie, sa joie et sa brillance.
Bien sûr, les doutes étaient là, mais le lit se creusait petit à petit, les rives reverdissaient, les oiseaux s'y nichaient à nouveau.
La dragonne était à ses côtés, heureuse de le voir revivre enfin.

Quant à elle, la maternité était passée par là, avec ses joies minuscules et infinies, ses douleurs, ses difficultés aussi.
Au fil des rencontres et des échanges, elle avait enfin pris conscience qu'elle était à l'origine de ses plus grandes douleurs.
Elle entrevoyait enfin un sentier, après tant d'années sans perspective vraie.
Elle s'y engagea avec fougue sans mesurer d'abord la difficulté du chemin .
Elle y mettait tout son feu, croyant à chaque étape avoir atteint son but, et replongeant à nouveau dans ses errements.
Ces déconvenues, le fait de rencontrer d’autres « pélerins » en quête, des sages, et des créatures étranges, l’aidaient à se dépouiller peu à peu de ses illusions, non sans difficulté.
Les épreuves qui surgissaient sous ses pas étaient des occasions de progresser.
Elle savait à présent que le chemin serait long et incertain, mais c'était juste sa vie.
Elle savait que le chemin avait sa propre richesse, et que rien ne lui apporterait autant que de le parcourir en conscience, car les paysages et les rencontres y étaient pleins de joie, de surprises et de richesses.

Elle apprit que la maîtrise de son feu était un élément clé. Sans lui, elle n'était pas elle-même. Mais comment faire pour que son action ne soit que bénéfique ? Ou au moins utile ?
Elle s'en rendit compte du fait de brûlures qui dévastaient ses pattes depuis plusieurs mois, consummant les écailles une à une, et générant des démangeaisons insupportables.
Aucune potion n'en venait à bout, elle désespérait quand une amie elfe lui dit doucement que son feu demandait à sortir, peut-être, tout simplement ...
De là vint sa quête d'un manière d'être où elle pourrait être elle-même sans détruire ou se détruire.

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Dimanche 2 mars 2008
dragon-03.gif



Au fil des années
, trois enfants leurs vinrent, grande bénédiction, grande remise en question aussi. Car les petits  mettaient en évidence, par leur fraîcheur et leur vivacité, ce qu'eux avaient abandonné de leur  nature au gré du chemin.


Le premier conciliait la grâce du ruisseau tranquille à une intelligence-fusée. Il était si sage qu'il se serait laissé consumer sur place sans protester.

Le deuxième était un véritable volcan, jaillissement de joie ou de fureur, selon le jour et l'heure, charmant ou destructeur. Les échanges de flammes étaient courants avec sa mère, blessant les deux, de brûlures difficiles à cicatriser. Elle mit longtemps à  comprendre qu'elle ne prenait qu'un retour de ses propres flammes , et put alors seulement commencer à y remédier.

Le troisième était tout câlins, malice, et détermination. Il exigeait son dû sans relâche, la poussant à donner sans cesse, à s'en perdre elle-même. Il fit beaucoup pour l'assouplir.


Le papa, d'une nature plus tranquille, en apparence en tous cas, supportait difficilement toutes ces explosions incontrôlées autour de lui. Il calmait souvent les flammes trop vives, un peu brutalement parfois, et espérait qu'elles cessent. Pas simple de vivre avec des dragons...


Ainsi, année après année, leur vie suivait son cours rapide, sans obstacle marquant. Les rêves étaient oubliés au profit des préoccupations quotidiennes.


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